(The Walk of) SHAME

Shame

Affiche du film Shame (See-Saw Films)

Le nouveau film de Steve McQueen (Hunger) présente d’entrée son jeu : le sexe est au cœur de l’action. Pénis, poitrines et fesses à l’air, on se croirait presque dans un porno chic, l’émotion en plus. En gros, peut-on être sex-addict et vivre normalement ? Si l’on en croit le quotidien du personnage principal, Brandon, on pourrait presque le penser. Appartement sympa en plein cœur de New-York, un boulot pas trop mal payé, pas trop contraignant… Le trentenaire de base dépeint dans une majorité des productions américaines de ces dix dernières années.

Carey Mulligan

Carey Mulligan, bouleversante de sensibilité (See-Saw Films)

Seulement, dans Shame, il y a quelque chose de différent, quelque chose qui ferait presque que le spectateur se sent mal à l’aise. L’arrivée de la sœur du protagoniste, Sissy, ne va que compliquer les choses, et le film se balade alors entre le provoquant et la limite du décent. Je ne parle pas des quelques scènes érotiques (dont la réalisation et le rendu sont époustouflants de sensualité, notamment grâce à la qualité de la bande son), mais du rapport qu’entretiennent les personnages non seulement entre eux, mais avec la vie en général. Bref, magistral.

Le film, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ne justifie pas la maladie de son personnage central – et démontre que justement, ce problème pousse l’homme au-delà de ses limites, au-deçà de son humanité, jusqu’à ce que le sexe ne soit que le seul moteur de ses fonctions. Une bête en somme, une machine même.Au final, on ressort de ce film plus ému qu’excité, avec une vision d’échec, celui d’une bataille perdue. Les deux scènes les plus fortes du film (l’interprétation bouleversante de New York, New York de Carey Mulligan et la scène érotique finale) enfoncent le clou et placent définitivement Shame dans la catégorie des films intrigants, passionnants, perturbants mais déprimants. Un sentiment que l’on garde en soi, même quelques heures après avoir vu le film.

SHAME, de Steve McQueen, avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale. En salles depuis le 07 décembre

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Un commentaire sur “(The Walk of) SHAME

  1. c’est exactement ce que j’ai ressentie aussi! Bel article.

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